Born to Lose (non réalisé)

Bronze peint scéllé sur borne béton, approximativement 40 x 30 x 20 cm - 2018 

Le terme Born to Lose apparaît essentiellement sous la forme de tatouage dans l’Amérique White trash de la classe moyenne. Initialement popularisée par le chanteur country lousianais Ted Daffan dont la chanson de 1943 deviendra un véritable tube sous la voix de Ray Charles en 1962, ce n’est qu’une quarantaine d’année plus tard que le rock la fera sienne (Johnny Thunder, Black Sabbath, Motorheäd) avant d’être élevée au rang de slogan par la génération X et le Grunge. Héritier du punk, ce mouvement résolument pessimiste se définit notamment par un refus de devenir adulte.

 Au regard de mes préoccupations plastiques, une intervention dans l’espace urbain suggérait une réflexion sur la perte. Dotées d’un service

 des objets trouvés, les villes et leurs sols sont un réceptacle de pertes diverses et variées, chacune nous confrontant à des réactions différentes, voire contraires. S’il est bien un événement qui suscite généralement l’empathie, un sentiment et une attitude étrange, c’est celui de la trouvaille d’une peluche perdue, compagnon consolateur d’un jeune enfant. Dans pareils cas, l’objet éminemment transitionnel est souvent placé bien en évidence dans l’espace public, afin qu’il soit plus facilement re-trouvable.

 

Ainsi placé sur une borne en béton, devenue socle, le moulage en bronze peint hyper-réaliste de ce petit lapin, propose une évocation de cette initiation originelle à la perte, une forme ironique de mémoire neuve.