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721 pointe sèches sur Plexiglass 5 x 6,7 cm tirées sur 28 Bfk Rives 250gr 50 x 65 cm

Réalisé en 1952 par Ingmar Bergman, Monika est constitutif de la naissance du cinéma moderne, pour la première fois le rapport créateur - créature - spectateur l’emporte sur la fiction. Considéré à sa sortie comme un film sulfureux, Monika est notamment emblématique pour un plan considéré (à tort) comme étant le premier regard-caméra de l’histoiredu cinéma..

«L’impact érotique de ce regard-caméra tient autant à son invention d’éxecution formelle qu’à son audace conceptuelle. Bergman vient ici miner la sacro-sainte clôture de l’univers fonctionnel en y engageant le spectateur dans une relation intime»1.

Un lent travelling avant recadre le visage d’Harriet Andresson alors qu’en arrière plan en cours de prise s’éteint de manière arbitraire la lumière supposée du jour.

  «Ces extraordinaires minutes (...) plan le plus triste de l’histoire du cinéma»2 pour Jean-luc Godard, ne durent en réalité qu’approximativement 28 secondes, 721 images précisément.

 

Dans ma pratique, la gravure intérroge la temporalité contemporaine des images, les historicisent. Elle est l’impression d’un regard. 

En 721 plaques et 29 planches, images par images secondes par secondes, c’est celui de Monika que ce projet se propose de soutenir. 

Texte relatif

Sylvain Fraysse, séquence sur séquence, Mary Baldo

Offshore n°51, automne 2019

Capture d’écran 2020-11-20 à 18.17.59.